Correspondance de P.J. Proudhon - Vol. 2 - 1875

-172 CORRESPONDANCE Pour ce qui concerne mon père et ma mère, voici le plan que je travaille à exécuter, de concert avec le maréchal : mon père ne cesse d'aller à Burgille, attiré et caressé qu'il est par sa bru ; d'un autre côté, les litiges de la succession sont terminés; il s'agit donc d'envoyer mon père et ma n1ère à Cordiron, à une demi- heure de Charles, habiter la maison et la soigner, pen- dant qu'on ·sedéferait le plus avantageusement possible de la bicoque du Petit-Battant. Je rembourserais ainsi M. Viancin, et vous me resteriez seul. En payant à mes parents les 200 francs d'intérêts que je dois chaque année à M. Thaler, plus quelques petits envois, je serais tranquille d'un côté, et j'agirais avec plus de rapidité de l'autre. S'il vous arrive de voir mon père ou 1na mère, insi- nuez-leur cela doucement, je vous prie, dans mon intérêt. Je vais parler à tout le monde dans ce sens; de mon côté, je leur déclarerai nettement que désormais je n~ai plus rien à faire à Besançon; qu'eux seuls m'y attirent encore, et que j'aimerais autant les aller voir à Cordiron qu'au Petit-Battant. Paris, Lyon et Mul- house devant être mon séjour habituel, il ne faut plus qu'ils s'attendent à me voir que par intervalles; et dans ce cas, je le répète, le village m'est égal à la ville. Mes Mémoires sont traduits en allemand et en anglais, et je suis connu aujourd'hui partout où l'on parle les trois principales langues de l'Europe. On attend de moi la continuation de mes premiers essais; et si j'ai eu une faiblesse dans ma vie, ça été de vouloir résumer toutes mes pensées en un volume compacte, au lieu de les débiter successivement et peu à peu. Quoi qu'il en soit, toutes mes idées convergent vers une formule unique, et, à mesure que les théories s'éclaircissent, bien loin Biblioteca Gino Bianco

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==