Correspondance de P.J. Proudhon - Vol. 2 - 1875
DE P.-J. PROUDHON. i7t Quant à mes autres affaires, je crains bien de vous paraître à la fin un peu hâbleur, à force de vous faire des annonces stériles. Au lieu de continuer sur ce pied, je veux vous faire juge de mes démarches. Après mon aventure avec la Cour d'assises et la vente de l'imprimerie, je me trouvais placé entre deux devoirs différents, l'un de rembourser mes créanciers, l'autre de prouver par de nouvelles études que je n'étais ni un brûlot, ni un étourdi, et qu'après tout je valais mieux que l'Académie bisontine, mon ex-patronne, ne feignait de croire. Devoir d'honneur et devoir d'argent, voilà à quoi je voulais satisfaire. J'ai commencé par le premier; je n'ai pas d'autre motif à vous donner de cette préfé- rence, sinon. qué la vie m'eût été insupportable tant que je ne me serais pas cru vengé. - Or, j'ai lieu de croire que je ne tarderai pas à voir mes études accueillies partout et justifiées; encore quelques explications, quelques efforts, et ma place, comme ma valeur sont marquées patmi les économistes. Quand je n'aurai plus qu'à vivre en gagnant mes appointements et brochant à loisir quelques Mémoires, la vie me sera facile, et je prendrai bientôt le dessus. Il est vrai que le temps file, et que si je parviens à l'aisance, je ne serai pas d'âge à en jouir; mais enfin j'aurai vécu à ma façon, et je mourrai content, sinon tout à fait des autres, au moins de moi. J'achève donc un opuscule qui paraîtra dans deux mois et qui sera bientôt suivi d'un secontl, et ainsi de suite, pour peu que cela convienne au libraire, jusqu'au n° 7. Entre temps, je garde mon poste chez MM. Gau- thier frères ; je dois trop à ces Messieurs pour les quitter, et je ne suis pas fâché d'avoir de temps en temps le divertissement des affaires . . Biblioteca Gino -· nco
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