Correspondance de P.J. Proudhon - Vol. 2 - 1875
i70 CORRESPONDANCE Paris, 2 janvier i84;j. A M. MAURICE Mon cher Maurice, je vous néglige, mais ma volonté et ma mémoire n'y sont pour rien. Vous· connaissez la rapidité du temps; je suis encombré de besogne et je fausse la politesse à tout le monde, pour que mon séjour à Paris ne se perde pas en correspondances. J'ai été voir Lebigre et Méguignon-Junior tour à tour pour notre Bergier; et j 1 ai été fort poliment éconduit de ces deux maisons, qui étaient ma dernière espérance. Le clergé catholique, qui en 1827 semblait se tourner· du côté des fortes études, s'est bientôt lassé de la science; il est retombé dans le monachisme le plus idiot. La librairie ecclésiastique ne se compose plus que de dévo- tions absurdes et de livres de prières illustrés, dorés, gauffrés; et je suis peut-être le seul homme en France qui ne m'en étonne pas. Il y a antipathie entre la raison pure et la foi; il faut bien se le mettre dans l'esprit. Je suis donc réduit à mes propres ressources pour tirer parti de ce maudit Bergier, dont les feuilles dor- miront jusqu'à ce que je sois en état de faire imprimer mon essai de philologie. Voilà pour ce qui concerne notre vieille librairie. BibliotecaGino Bianco ·
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