Correspondance de P.J. Proudhon - Vol. 2 - 1875
DE P.-J. PROUDHON. 169 les considérations de propriété et de privilége, toutes les perturbations de la concurrence et du laisser-faire, c'est-à-dire qu'il faut une organisation générale des travailleurs et une discipline du marché. ~lais ici les économistes se divisent: ]es uns veulent qu'on organise, les autres veulent qu'on laissetoujou1·fsaire, se fondant sur l'incertitude et l'arbitraire des théories d'organi- sation. Tel esLl'état de la question, l'une des plus diffi- ciles et des plus vastes que se puisse poser l'esprit humain. En attendant, le clergé travaille à endoctriner le peuple et à entraver les progrès du socialisme ; le gou- vernement le favorise secrètement ; le parti des bornes corrompt ou dénigre tout ce qui ne lui ressemble pas ; mais, malgré tout, le mouvement ne s'arrête point. L'attention se porte de plus en plus sur les questions sociales, le peuple comn1ence à devenir tout yeux et tout oreilles, il fuit de plus en plus scission avec le catholicisme, à tel point qu'à Lyon, à côté des congré- gations religieuses, une classe beaucoup plus nom- breuse s'abstient totalement des cérémonies du culte, et a renoncé aux baptêmes, enterrements et mariages, communions et confirmations. Ce mouvements 'accélère etse propage de jour en jour, et ce qu'il y a de curieux, j'ai pu en juger, c'est qu'il était accompagné d'une réforme radicale et d'une amélio- ration notable dans les mœurs. Le peuple conçoit une vertu sans l'assistance d'une 'l'eligion. Juge où cela ' mene. Je t'embrasse. Mes très-humbles respects à ta femme. P.-J. PROUDHON. BibliotecaGino Bianco
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