Correspondance de P.J. Proudhon - Vol. 2 - 1875
DE P.-J. PROUDHON. 167 pensée mère n'est pas neuve, n'a pourtant jamais été fait; il fallait pour cela plusieurs conditions que peu d'hommes encore réunissent. Tu sens combien ce travail, en donnant la clé du gâchis intellectuel où nous vivons, peut contribuer à élucider et avancer les questions sociales. Pour qui m'aura compris, il n'y aura plus lieu à embrasser d'opinion exclusive; ce serait un ridicule. Je n'ai pas besoin d'ajouter que je d@nnerai en même temps la théorie et l'exemple des résolutions synthétiques de toutes les contradictions. Si les philosophes allemands, trop pressés d'arriver à une conclusion théologique ou transcendantale, s'étaient attachés à bien étudier les antinomies qui tombaient sous leurs yeux, et à en donner de bonnes solutions, ils auraient rendu peut- être de plus éminents services que par l'échafaudage prématuré de leurs systèmes. Aux quatre questions posées par l'Académie, je joindrai l'axiome d'une cinquième, savoir : celle du problème politique ou gouvernemental, dont la solution est nécessaire pour rendre la réalisation de toutes les synthèses précéden~es possible. Je terminerai par des conclusions philosophiques sur les antinornies ou con- tradictions sociales, sur leur valeur comme élément dialectique, sur les conclusions ultérieures qu'elles permettent de prendre relativement au problème de la certitude, de l'âme, de Dieu, etc., et enfin sur la place qu'elles occupent dans la métaphysique (ou théorie sérielle). Donne-moi tes idées. Voilà, mon cher Bergmann, ce qui m'occupe en ce moment. Mon - but suprême est d'accoutumer les hommes à raisonner par eux-mêmes, en leur pré- sentant d'abord le raisonnement sous forme concrète, Biblioteca Gino Bianco
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