Correspondance de P.J. Proudhon - Vol. 2 - 1875
166 CORRESPONDANCE moins ce qui résultera de mon travail; elles forment un tout indivisible, une déduction continue. Ainsi, nous ne pouvons connaître parfaitement les causes et • les remèdes du paupérisme sans connaitre les lois du travail et du salaire, en un mot la loi de répartition du produit sans connaitre les formes essentielles· ou con- ditions de l'association, sans connaitre par rétude du passé, l'esprit des tendances actuelles (sensualisme pra- tique, goût du bien-être matériel). - Semblablement, l'association ne peut être com- prise hors de la science économique, etc. Je passe sur le reste. Mais l'association, la morale, les rapports écono- n1iques, tout cela, pour n'être point arbitraire, doit être étudié ooJectivement dans les choses. Il faut aban- donner le point de départ subjectif, adopté jusqu'ici par les philosophes et législateurs, et chercher hors de la conception vague du Juste et du bien, les lois qui peuvent servir à la déterminer, et qui doivent nous être données objectivement dans l'étude des rapports sociaux créés par les faits économiques. Cette opposition si connue du sujet et de l'obJet, je me garderai d'en parler dès mon début. Des lecteurs français jetteraient le livre. Pour la leur faire entendre, il faut procéder à rebours et commencer par les faits même qu'engendre cette opposition , c'est-à-dire remonter des conséqitences au principe (style ancien). Je vais donc montrer que toutes les données de , l'Economie politique, de la législation, de la morale et du gouvernement sont essentiellement contradictoires, contradictoires, dis-je, non-seulement entre elles, mais en soi, et cependant toutes nécessaires et irréfutables. Je crois pouvoir affirmer qu'un pareil travail, dont la BibliotecaGino Bianco ..
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