Correspondance de P.J. Proudhon - Vol. 2 - 1875
164 CORRESPONDANCE Paris, 24 octobre 1844, A I\f. BERGMANN. 1\'.Ioncher Bergmann, je n'ai point reru ta lettre que tu m'as adressée par occasion; que cette expérience te serve encore pour savoir que le salaire est, à tout ser- vice demandé, la plus sûre garantie d'exécution. Il y a longtemps que j'ai appris par mon expérience que la complaisance est antipatliique à la liberté, c'est pourquoi je m'efforce d'user le plus discrètement que je puis des o.ffres de service de mes amis. Le souvenir cle mes dettes me tourmente sans cesse, et je veux avant tout vivre de mon travail. Je te prie donc de ne pas prendre ces réflexions pour une boutade misanthro- pique; c'est de la vérité économique. Je suis de retour à Paris depuis une quinzaine, avec l'agrément de Ml\,f. Gauthier, dont je soigne ici quel- ques affaires difficiles. Ces messieurs s'obstinent à ne vouloir pas faire de moi leur commis, si bien que je suis contraint, malgré mes propres maximes, de pro- fiter de leur caisse pour me mettre en état de me passer d'eux à l'avenir. Il est ;vrai que je leur rends quelques services, et qu'en nie mettant à leur merci j 'aï"manqué peut-être un emploi meilleur, mais enfin je ne suis pas BibliotecaGino Bianco
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