Correspondance de P.J. Proudhon - Vol. 2 - 1875

160 CORRESPONDANCE libre de tête et de cœur, et que nous n'aurons .i amais à regretter en vous les effets du ménage. J'y compte d'autant plus que les habitudes studieuses de Mme Acker- mann pourraient au besoin vous venir en aide; telle- ment que, si nous avions le bonheur de vous posséder, vous nous rendriez deux amis au lieu d'un. J'ai cru n1'apercevoir que, par l'effet du lien conjugal, la person- nalité en Bergmann s'était accusée; que chez Haag elle s'était déformée; qu'en Tourneux elle s'était mûrie; il me semble qu'en vous elle a dû se doubler. Je ne suis ni phrénologue ni physiono1niste, mais je serais en- chanté d'avoir rencontré juste. Si jamais vous venez vous fixer à Paris, et qu'il vous convienne de travailler ponr la cause réformiste~ j'ose vous promettre plus de lecteurs que n'en obtiendront jamais tous les lauréats d'Académie. Ce qu'on appelle aujourd'hui en France le par·ti socialiste commence à s'organiser. Déjà quelques écrivains se sont unis : Pierre Leroux, L. Blanc, plusieurs autres dont vous n'avez pu entendre parler, et votre ami, quoique indigne. Le peuple se charge de faire pour nous le placement et la propagande : c'est le rôle qu'il s'attri- bue. Il nous prie seulement de lui donner l'exemple de l'union et de l'instruire. George Sand est tout à fait entrée dans n0s idées ; les faiseurs de romans et de feuilletons, sans y tenir autrement, daignent les mettre à la mode en les exploitant ; et lorsque les contradic- tions de la communauté et de la démocratie, une fois dévoilées, seront allées rejoindre les utopies de Saint- Simon et Fourier, le socialisme, élevé à la hauteur d'une science, le socialisme, qui n'est autre que l'Éco- nomie politique, s'emparera de la société et la lancera vers ses destinées ultérieures avec une force irrésis- Biblioteca Gino Bianco

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==