Correspondance de P.J. Proudhon - Vol. 2 - 1875

CORRESPONDANCE tenter, pour sortir d'un embarras inextricable, ce que Kant a formellement déclaré impossible; je travaille à populariserla métaphysique n la mettant en action. Pour cela, j'emploie la dialectique la plus profonde, celle de Hegel; car tel est mon malheureux sort, que, pour triompher des plus indomptables répugnances, je dois me servir des procédés les plus antipathiques au sens commun. Mais aux grands maux les grands remèdes; après avoir bien examiné la position, il m'a semblé qu'elle pouvait être emp8rtée de vive force, et sur-le- champ je me suis mis à l'œuvre. N'embrassant pas un cadre aussi vaste que la création de l'ordre, me renfer- mant dans un seul point de vue, je puis, par la multi- tude des exemples, le rendre facilement intelligible aux moindres esprits, et, cela fait, conduire le lecteur partout où il me plaira de le pro1nener. J'aurai occasion de citer dans cet ouvrage vos Anto- nymes, dont je regrette plus vivement encore que jadis que vous· n'ayez pas fait la philosophie. Je ne pourrai guère citer que votre nom et celui de votre ouvrage, ce qui ne me satisfait pas du tout. Au reste, je me réserve de vous relire, aussitôt que je serai de retour à Besan- çon, où j'ai laissé votre Dictionnaire. De tous les membres de notre ancienne petite société, je suis le seul qui aie conservé le lien philadelphique. C'est par moi que tous nos amis ont des nouvelles les uns des autres; car seul, j'ose le dire, je n'éprouve ni n'inspire de refroidisse1nent. Je remarque seulement que le mariage opère d'une façon étrange sur vous au- tres, messieurs, qui avez pris femme; d'abord, vous commencez par souhaiter à vos amis autant de bonheur qu'il vous en arrive; puis, vous retranchant peu à pèu dans le ménage, vous finissez par oublier~ que vous Biblioteca Gino Bianco

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