Correspondance de P.J. Proudhon - Vol. 2 - 1875

CORRESPONDANCE Vous n·,étiez faufilé dans aucune coterie ; vous méprisez les V***, les M***, les J***, les D***, les N***, et toute cette canaille salariée par tous nos ministères, et dont l'insolence fait, comme dit Alceste, 1nurmurer le "bonsens et 1~ougir la vertu. Vous n'avez pas seulement voulu prendre vos grades. Vous saviez pourtant aussi bien que moi qu'un examen n'est plus aujourd'hui qu'une occasion offerte au candidat de faire sa cour aux maîtres, ou un moyen de l'exclure, pour peu qu'il déplaise. Est-ce que Marmier, Chasles, etc., nommés pro- fesseurs en même temps que Bergmann, savent quelque chose? Vous avez tranché du citoyen probe et libre, vous deviez être négligé, vous l'avez été. Et vous vous récriez contre l'injustice de la France! Vous avez raison quand vous dites que rnon dernier ouvrage est moins bien écrit que les précédents; ayant porté tout mon effort sur les idées, je ne pouvais guère faire œuvre d'artiste; d'ailleurs, j'ai manqué de temps, ce qui, je le sais, ne m'excuse pas; mais j'étais forcé. Jugez-moi donc, je vous prie, comme penseur plutôt que comme écrivain, et dites-moi ce qu'il vous semble de la théoriesérielle? Je vous le rendrai plus tard, quand vous m'aurez envoyé votre critique grammaticale des catégories de Kant. Vous demandez si j'ai des partisans. Je vous avoue très-humblement - ou très-fièrement - que je ne le crois pas. - Pauthier trouve ma théorie très-spécieuse; mais, dit-il, qui sait si on ne trouvera pas une théorie plus générale? Tissot prononce nettement que ma métaphysique ne vaut rien; la Revue indépendante· a déclaré que je me suis trornpé; Pierre Leroux me ·reproche d'avoir attribué à Fourier la première aper- Biblioteca Gino Bianco

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