Correspondance de P.J. Proudhon - Vol. 2 - 1875
DE P.-J. PROUDHON. vos anciens grisements, pouvais-je raisonnablement espérer que cette fois encore, malgré toute votre finesse, vous n'étiez pas gris? D'autant plus que la manière dont vous me parliez de votre future était bien capable de m'.inspirer des craintes ..• Maintenant la question est tranchée; vous êtes heureux, encore plus heureux que sage. C'est tout ce qu'il me faut; je rétracte les expres- sions de mauvaise humeur que votre enthousiasme érotique m'avait suggérées; et c'est d'aujourd'hui que je v~ux vous féliciter. Que Mme Ackermann vous comble de toutes les joies qu'une femme aimable a toujours en réserve, et j'en aurai pour elle la même reconnaissance que si elle était ma propre belle-sœur. J'espère qu'à la fin elle prendra 1non parti contre vous, en apprenant combien vous fûtes étourdi autrefois; car je ne puis plus parler du présent. Faut-il que je revienne sur vos quérimonies? Tou- jours vous accusez la France; comme si la France, comme si une nation tout entière, la plus spirituelle et la plus généreuse des nations, pouvait être solidaire, aux yeux de ses enfants, des .gouvernants qui la désho- norent, des coteries qui l'abusent, des charlatans et des scélérats qui l'exploitent ..La France est perdue dans votre estime, je devrais dire dans votre amour-propre, parce qu'elle n'a pas distingué vos essais de philologie; autant en fait-elle de ma métaphysique, et des élucu- brations de Tissot, et des chinoiseries de Pauthier, et de tant d'autres choses, dont elle se soucie comme de votre Al ... et. Ah l la récompense n'a pas suivi la publi- tation de vos œuvres I A aui dpnc la faute, mon cher conrrere en 1ndéper.iuance? Étiez-vous assez peu dé- niaisé pour cro1re au au~ourd·;huiil suffit d'être honnête homme et u~avo1r au mérite pour faire son chemin? BibliotecaGino Bianco
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