Correspondance de P.J. Proudhon - Vol. 2 - 1875
DE P.-J. PROUDHON. 147 n1ettre partout à l'index; l'hu1neur et le sentiment de l'injustice m'ont aigri, et, comme Raspail, avec de la capacité et du zèle, je ne fais pas le quart de ce que je pourrais. C'est le châtiment qui attend les mauvaises têtes ; l'isolement où on les jette équivaut à une priva- tion de leurs plus belles facultés. Toutefois, f espère encore que mes études économiques me créeront tôt ou tard une position, sinon officielle 1 du moins littéraire et commerciale, et c'est dans ce but que je vais inces- samment partir pour Paris. Je viens de m'entendre avec le libraire Guillaumin pour une publication importante et qui ne me demandera pas moins de six mois. Ce travail achevé, j'en ai vingt autres sur le métier; je commence à avoir un débit assez considé- rable parmi le peuple, surtout à Lyon et dans les villes et bourgs voisins, à quinze lieues à la ronde. Je vais m'occuper de réunir tous les éléments de succès qui se présentent ; Dieu fera le reste. Après, si je rencontre quelque pauvre et compâ.tissante créature qui veuille ma. donner ses soins, je tâcherai de la faire vivre le moins mal que je pourrai : c'est tout ce que je puis dire. Adieu, mon ami ; sois heureux, et que l'amour ne te fasse pas oublier l'amitié. P.-J. PROUDHON. P.-S. Je prends la liberté d'envoyer, par ton entre- mise, un petit mot à notre excellent Dessirier. Aie l'obli- geance de le lui faire parvenir par la poste. BibliotecaGino Bianco
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