Correspondance de P.J. Proudhon - Vol. 2 - 1875

142 CORRESPONDANCE mois de lecture environ, après quoi je suis en mesure de fournir du manuscrit sans discontinuer. Je dési- rerais fort que cette publication pût avoir lieu en février ou mars prochain; pour cela j'aurais besoin d'y tra- vailler exclusivement dès le mois de septembre ou d'octobre. Le temps que me laissent mes fonctions de commis ne me permet pas d'aller assez vite. J'ai lu avec un très-grand plaisir presque tous les numéros de votre Revue depuis son apparition .. Je crois que cette publication vous fera honneur et vous rapportera tôt ou tard de beaux bénéfices. Il faudrait désespérer du public si de semblables pu- blications ne fussent pas soutenues. Pour ma part, j'ai beaucoup profité à cette lecture, en ce sens que j'ai pu juger de l'état où en est la science, et du chemin qu'ont fait, souvent à son insu, les écrivains qui s'en occupent. Les excellents matériaux dont la Revue abonde, les notices que l'on y· trouve, ne sont pas non plus ·à dédaigner; c'est de l'érudition tout acquise, et pour un r homme qui étudie l'Economie politique dans l'atelier, sur la rivière ou au cornptoir, les comptes rendus des savants sont une bonne fortune. Mais Messieurs vos rédacteurs tremblent d'avancer; l"avenir est à eux évi- demment, puisqu'il est à la science; et cet avenir, ils n'osent l'envisager~ ils ne peuvent se résoudre à aller au devant de lui. Ils sont sur la route qui y mène, le visage tourné du bon côté, et parfois on croirait qu'ils ferment volontairement les yeux, crainte de vertige, et qu'ils se renversent en arrière, de peur de tomber en avant. Cest ·là-dessus que je me propose de les interroger, de les sommer même, sauf à eux de ne pas répondre. C'est avec plaisir, Monsieur Guillemin, que je rece- Biblioteca Gino Bianco

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