Correspondance de P.J. Proudhon - Vol. 2 - 1875
DE P .-J. PROUDHON. 14{ lvI. Garnier, je puis presque regarder comme mes confrères et mes amis bon nom.bre de ceux que j'aurai à citer; n'avons-nous pas mangé ensemble le pain et le sel? comme dit le Bédouin. Item, vous n,ignorez pas, Monsieur Guillaumin, que je suis très--médiocre catho- lique et encore plus mauvais dynastique; c'est-à-dire que, sauf toujours le respect des consciences et des per- sonnes, sauf la tolérance que nous nous devons tous, dans ce_siècle où rien n'est démontré, où tout est mis en doute, j'ai suivi, par tempérament ou convic- tion, il n'importe, et jusqu'au bout la route du libre examen ouverte par Descartes, et le dogme de la souve- raineté du peuple ouvert par Rousseau. - Je sais à quoi je suis tenu pour ne faire poursuivre ni mon libraire ni moi-même, et je ne suis pas plus amo:ureux que vous du martyre; mais, ces réserves faites, aurai- je mon franc-parler sur tout cela?. n Au reste, qui pourrait vous retenir? Libraire, vous n'entendez ni approuver ni désapprouver le contenu desl~vres que vous mettez en vente, et l'on conçoit très-bien que dans l'in- térêt de la science, comme dans celui de votre com- merce, vous deveniez éditeur de doctrines quelquefois très-diverses. Voilà, Monsieur Guill~umin, quelles sont mes condi- tions préliminaires; pour le reste, vous en us~rez avec moi comme avec mes autres confrères en Economie politique. J'espère que vous me trouverez très-accom- modant, si ce n'est que, vivant aujourd'hui de mon travail, je préférerais du comptant et peut-être une avance, à de plus beaux avantages éventuels. J'ai déjà accumulé une grande. quantité de maté- riaux; mon plan est fait, mes cadres sont tracés, mes démonstrations faites; je n'ai plus besoin que d·un Biblioteca Gino Bianco •
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