Correspondance de P.J. Proudhon - Vol. 2 - 1875
DE P.-J. PROUDHON. 139 currents à exposer hardiment leurs idées et à se lancer sans crainte dans le champ de la spéculation. Je ne vous dirai point, Monsieur Guillaumin, que j'ai le-pro- jet de concourir et encore moins d'abuser de la permis- sion; d'une part, je n'arriverai plus à temps pour le concours, et quant au reste je n'ai nullement la pensée de faire une plaisanterie de si mauvais goût. Mais il me semble utile de constater par une réponse originale, libre de toute complaisance intéressée et digne, la ten- dance innovatrice qui saisit l'Académie elle-même, c'est-à-dire le corps le plus émir..emment conservateur de l'Etat. Rassurez-vous, au surplus, sur le fond ét la forme de mon livre, et puisque mes antécédents trop connus vous commanderaient peut-être de prendre vis-à-vis de moi des précaut•ions, je dois vous dire qu'ayant à soulever des questions de plus en plus scabreuses je me renfer- merai exclusivement dans les limites de la science, n'accordant rien à l'exposition oratoire que ce qui dé- coulera directement des prémisses économiques. Afin de donner de l'unité à un ouvrage, qui traitera les problèmes en apparence les plus étrangers l'un à l'autre, j'ai dû creuser plus avant qu'on ne l'avait fait peut-être les profondeurs de l'Économie, et chercher la loi générale qui gouverne toute la science, et partant la société elle-même. Ceci est la partie spéculative ou métaphysique, en un mot : le lien synthétique de toutes mes idées. Rien encore, dans ce que j'ai publié jusqu'ici, ne peut vous donner l'idée de ce que je vais faire; quel- ques allusions jetées çà et là sont de trop faibles indices pour que mes lecteurs en aient pu saisir toute la portée. Il s'agit d'une loi supérieure, loi de la nature et de Biblioteca Gino Bianco
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