Correspondance de P.J. Proudhon - Vol. 2 - 1875
134 CORRESPONDANCE 1nerce comme une grande propriété, parce cela est in- dispensable à la dynastie. Je suis convaincu, de plus, que la question stratégique, qui dans les chemins de fer devrait être l'accessoire, est devenu le principal, non pas parce que le pouvoir redoute une guerre avec l'étranger, mais parce que le système de chemins de fer inauguré par lui est le complément du système de for- tifications de la capitale; cela, je vous le démontrerais, la carte en main, si j'étais près de vous. Ainsi, réaction monarchique, réaction ecclésiastique; l'une et l'autre aidée de la connivence de la haute bour- geoisie, du haut commerce, de la grande propriété, des légitimistes ralliés: voilà en deux mots le caractère de la politique de notre temps. Tout cela, vous le sentez, s'opère, non à la face du soleil, mais en tapinois, clan- destinement, tortueusement, mais irréfragablement. On ne l'avoue pas encore, mais on le fait sentir, et déjà l'on se montre. Pendant que la tête de la société va dans un sens., le peuple va dans un autre. Le pouvoir tourne à la religiosité, le peuple aban- donne le catholicisme. A Lyon, par exemple, il existe déjà une multitude de ménages qui ont rompu toutes relations avec l'Eglise; on ne baptise plus les enfants, on ne marie plus eccJésiastiquement, plus de premières communions, plus d'enterrements; des hommes de lettres, des médecins, de bons bourgeois suivent ce cou- rant. Dans les ~campagnes, les paysans lisent Volney; l'insurrection commence sur tous les points contre l'en- sejgnement du prêtre. J'ai observé tous ces faits par moi-même. On co1nmence à douter de tout ce qui est traditionnel, ce qui signifie qu'on tourne le dos aux idées monarchiques et religieuses. On dirait que c'est BibliotecaGino Bianco
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==