Correspondance de P.J. Proudhon - Vol. 2 - 1875

DE P.-J. PROUDHON. l33 tenant qu'il s'est approché d'un prince, dont le père l'a fait adjoint, n'est pas tant soit peu orléaniste? Voilà ce que sont les p1·incipes pour les dix-neuf vingtièmes du genre humain: affaire de sentin1ent, d'entraînement ou d'intérêt; idée pure, jamais. Vous voulez que je vous parle politique, mon cher Tuiaurice; cela.suppose que vous me croyez plus éclairé que les journaux que vous ne lisez plus, ce qui est très- flatteur pour moi, assurément. Cependant, je suis aussi mal renseigné que vous; et si quelquefois il m'arrive des échappées de lumière, je les dois uniquement au rap- prochement, à la comparaison et à l'analyse des lois vo- tées par les Chambres et des mesures prises par l'admi- nistration. Pour conjecturer l'esprit secret qui mène le pouvoir, je n'ai que ses actes; or, c'est là un procédé long, difficile et qui donne peu de fruit pour beaucoup de peine. Je suis convaincu que le pouvoir tend la main aux jésuites:> que la guerre de l'Université contre le clergé tournera au détriment de la première et au profit de la. , monarchie et de l'Eglise. - Une preuve, entre autres : pendant que le ministère laisse M. Edgar Quinet décla- rer la guerre au catholicisme dans sa chaire du collége de France, il le fait tourner en ridicule par M. Lermi- nier dans la Revue des Deux-Mondes. Pendant que Thiers a l'air d'écrire son rapport en faveur de l'Uni- versité, ce rapport accorde tout aux prétentions du clergé. Je suis convaincu que le ministère n'est qu'une bou- tique où l'intérêt général est primé par l'intérêt dynas- tique et traîné à la remorque par les coteries. - Une preuve, c'est que le gouvernement tient à consolider les grandes fortunes, à constituer une aristocratie du com- Biblioteca Gino Bianco

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