Correspondance de P.J. Proudhon - Vol. 2 - 1875

DE P .-J. PROUDHON. 131 quets économiques; il n'en sera rien. Mon travail est trop important pour être ainsi mis par lambeaux; et comme j'ai à choisir entre une demi-douzaine de libraires solvables, et que je n'imprimerai plus à mon con1pte, je préfère ajourner cette publication ju2qu'ù l'hiver prochain; j'espère alors en tirer bon parti. C'est à Guillaun1in, éditeur des éconornistes (vous savez que j'ai été reçu dans cette clique), que je compte m'adresser. Je vois peu de monde et m'éloigne au tant que je puis des réunions politiques. Cabet est ici en ce mo- ment. Ce brave homme n1e désigne déjà comme son successeur à l'apostolat; je cède la succession à qui m'en donnera une tasse de café. Il se prêche en ce mo- ment je ne sais combien d'évangiles nouveaux, évangile selon Buchez, évangile selon Pierre Leroux, évangile selon Lamennais, Considerant, Mme George Sand, Mme Flora Tristan, évangile selon Pecquer, et encore bien d'autres. Je n'ai pas envie d'augmenter le nombre de ces fous; aussi, je produis un eff~t mirobolant sur ceux qui me voient pour la première fois, quand ils viennent à s'apercevoir que j'ai le sens commun. Vous avez élu M. de Magnonceau, conspué il y a deux ans, comme l'avait été ce malheureux Maurice en 1839. Cependant Convers a gagné,_ 50 voix. Encore un petit effort, et l'y voilà. Au milieu de tout cela, .i 'admire Bre- tillot, qui aime mieux faire ou laisser faire les autres députés, que l'être lui-111ême. C'est du haut amour- propre; toutefois, il sera sage à lui de ne laisser élire que des concurrents peu redoutables. Convers à la Chambre pourrait bien faire oublier Bretillot. Mes très-humbles respects à Mesdames Blecher. Je suis votre dévoué et obligé, P.-J. PROUDHON. Biblioteca Gino Bianco

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