Correspondance de P.J. Proudhon - Vol. 2 - 1875

1 1 112 CORRESPONDANCE l'autre côté de la Manche et du Rhin; sur quoi les au- teurs ne manquent pas de dire et d'imprimer que nos. voisins les Allemands et les Anglais n'ont pas déjà le goût si mauvais. Je me proposais de vous expédier vos livres dans quinze jours; puisque vous devez venir, je n'en ferai rien, d'autant plus que je compte bien qu'une fois ici vous ne sortirez plus. Si les raisons que je viens de vous donner ne suffisent pas, je vous en réserve d'au- tres un peu plus vigoureuses; vous pouvez vous y attendre. Insensible aux verges, peut-être sentirez-vous les coups de bâton; le tout sans rancune. Je vous remercie du soin que vous prenez de ma réputation à Berlin; aussitôt que j'aurai une occasion (celle Je l'envoi de vos livres me manquant, puisque je ne les expédierai que sur nouvel ordre), je vous ferai passer une douzaine ou deux d'exemplaires. Déjà il a paru un article bien peureux, bien anodin, dans le Jour·nal clesh~conomistes; article où l'on se borne à pré- senter sommairement l'ensemble de mon tra\'.ail, sans oser approuver ou désapprouver quoi que ce soit. Il semble de plus en plus qu'il y ait pour la critique égal péril à parler soit pour·, soit contre, soit seulement sur mes publications" On craint le préjugé; on craint l'au- teur; on craint même, en le nommant, de se compro- mettre. A propos de mon livre, je vous recommande de ne rien publier sur les catégories avant de m'avoir lu; car je donne dans mon troisième chapitre l'analyse des catégories, et la solution du fameux problème de lacer- titude. Cette partie est la plus curieuse, la plus neuve, la plus fondamentale, et j'ose croire la plus inatta- quable de mon livre. - J'en attends une révolution dans les études philosophiques, plus grande encore que Biblioteca Gino Bianco

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