Correspondance de P.J. Proudhon - Vol. 2 - 1875
DE P.-J. PROUDHON. 109 Lyon, 2J novembre 1843. A ]IJ. ACKERMANN Mon cher Ackermann, j'ai reçu votre billet du 14 cou- rant et votre lettre du 3 de !'expiré, des propres mains de votre frère. M. Ackermann aîné m'a paru de tout point plus aimable, plus réfléchi, plus raisonnable que vous. Jè commence par vous le déclarer franc et net: je suis ·d'une humeur de chien. Enfin, vous vous mariez r J'ai reçu cette grande nou- velle sans surprise comme sans plaisir : sans surprise, parce qu'il était dans votre nature de finir par là; sans plaisir, parce qu'avec mes 34 ans bientôt révolus je suis plus disposé à prendre en pitié les amoureux, qu'à éprouver une véritable sympathie de leur prétendu bon- heur. - Cela n'empêche pas notre ami Pauthier de m'écrire qu'il tient à ma disposition une jolie paysanne de Neuilly-sur-Th!Jarne; il prétend qu'en fait de femme une paysanne est tout ce qu'il faut à un philosophe. Certes, je n'accepte pas ce titre ambitieux; mais nous verrons la petite : et, ma foi l s'il est écrit que je me doive marier, je prendrai mon sort avec une résignation. toute philosophique. - Biblioteca Gino Bianco
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