Correspondance de P.J. Proudhon - Vol. 2 - 1875

I -106 CORRESPONDANCE Mes amitiés à M. et Mme Bodier et à tous ceux qui · ne me haïssent pas. Si jamais vous me manquez, chers ;père et mère, je quitte Besançon et le Doubs; je n'ai pas la maladie du pays ; j'ai l'horreur du pays. Si Charles a besoin de quelque chose, qu'il m'aver- tisse d'avance, et je tâcherai de pourvoir. Il est convenu entre MM. Gauthier et moi que je travaillerai chez eux à volonté huit ou neuf .mois par an, à Lyon, Chalon, Besançon et Mulhouse, et que je serai de retour à Paris pour mes études et la vente de mes ouvrages. - Ainsi, je passerai près de vous d'ici à trois semaines ou un mois, et j'irai voir mes amis de Paris; puis je reviendrai en février, ou en mars au plus tard. Ce sera une jolie et agréable existence; il ne me manquera que de vous avoir plus souvent auprès de moi. Voilà les projets ; quel sera l'avenir? Dieu seul le sait .. Hier, j'étais avec une quarantaine d'amis; et ces qua- rante m'ont affirmé qu'ils en représentaient au moins 10,000, mais on n'ose pas se réunir en masse, à cause de la police. - Je porte des lunettes. Je vous embrasse chers père et mère. Votre fils, P.-J. PROUDHON. Biblioteca Gino Bianco

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