Correspondance de P. J. Proudhon - Vol. 1 - 1875
·CORRESPONDANGE srir la Propriété avait été saisi, ce qui a causé quelque .rumeur à Besançon. Voilà pour mes affaires ; voici pour mes études. Je commence le Compulsoire de mon deuxième vo- lume. J e viens pour la première fois de me relire, et j'avoue que je me trouve plus savant que je ne le soup- .ç.onnais lorsque j'étais dans le travail de la composition. Il y a de belles parties, des morceaux bien frappés dans .-.cevolume; mais en somme je le compare à un volume ~d'algèbre. Képler travailla_ dix-sept ans pour arriver à la formule de ses trois fameuses lois, et Dieu sait la masse énorme de calculs et de chiffres qu'il lui fallut f aire pour cette magnifique découverte; eh bien ! pour ·comprendre quelque chose au mouvement social, il faut pareillement passer par une série d'opérations, non .algébriques, mais métaphysiques. Ce que j'ai fait me .convainc que tout est à faire eneore dans cette science .,gidécriée sous le nom de métaphysique, ~t me persuade .,aussi que je suis dans la bonne voie; mais le public, où est-il? J'ai quelques travaux commencés sur le droit ,matrimonial et sur les délits et les peines, travaux -•que je poursuis d'après une rnéthode tout à fait sem- blable à celle de la Propriété; il est étrange à quels ,paradoxes cela conduit. Mon travail sur la ·Pénalité surtout est tellement en dehors des idées reçues, que .je ne crois pas que cent hommes en France puissent m'entendre. C'est une matière, en vérité, où nuljusqu'à -ce moment n'a vu goutte; et moi qui t'en parle je n'y découvre guère que la profonde ignorance et les ,effrayantes contradictions des docteurs. Mais pour mettre au jour mes idées il me faut une autorité ac- quise; il faut surtout que l' on soit un peu familiarisé n vec mes méthodes. · Biblioteca Gino Bianco
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==