Correspondance de P. J. Proudhon - Vol. 1 - 1875
, I DE P.-J. PROUDHON. 2(3 rien fairc, je voudrais donc unG conversation avec toi. Pour les inélégances et les brutalités de détail, je ne , m'en effraie pas : avant d'ètre forgeron, il faut qu'un apprenti brule. bien des k:ilogra1nmes de fer. Il est cles- choses dont je ne me corrigeai que par l'habitude dl1 métier; seule1nent il est malheureux que je débute par des .questions si importantes. J e reçois à l'instant la visite d'un phalanstérien de mérite, qui vient, avec la plus aimable politesse, m'an-- noncer qu'il s'apprete à me donner des coups de crasse. J e lui ai promis en échange des coups de lance, et, après avoir causé, nous nous sommes quittés très-bons amis. Ces gens-]à comprennent qne le redressement des griefs sociaux exige un simple arbitrage, une ex- pertise, et qu'il n'ost bosoin pour cela ni de guerre ni de révolution. J·e leur souhaiterais moins de dévotion à leur Saint Fourier, moyennant quoi on pourrait s'entendre. J\'Ionimprimerie s'attache à moi, malgré moi, et je songe enfin à l'exploiter sérieusement, faute de pou- voir faire mieux. . La question n'est plus désormais pour moi de n1c• faire exclusivement homme dc lettres ou savant; il faut que je trouve, au contraire, dans mon industrie des n1oyens de poursuivre à l'avenir mes études. C'est à . quoi je donnerai désormais toute mon attention. Ce but me semble facile à atteindre, si quelque publication de moi, plus hel1reuse que la précédente, venait cette année me frayer le chemin. Je commence à m'ennuyer de mes querelles politiques. L'amour de la science, d'un coté, - I me séduit et me commande de passer à autre chose. me , faisant croire que j' ai fait assez sur la matière de la Propriété; de l'autre, le sentiment de l'injustice et l'ar- BibliotecaGino Bianco
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