Correspondance de P. J. Proudhon - Vol. 1 - 1875
\ . DE P.-J. PROUDHON. 239 mon sujet; diverses motions ont été faites, ou de me retirer la pension, ou de la donner à mon père, ou sim- plement de me blàmer pu.bliquement ; enfin, ron a résolu de ne prendre aucun parti avant de m'avoir entendu, et je suis assigné à comparaitre par-devant notre sénat académique', dans le courant de novembre prochain, pour faire valoir mes moyens justificatifs et m'entendre reprocher d'avoir écrit un livre antisocial, contrai're à toutesles.convenances pou1" la forme comme pour le fond. - On a exigé de moi que je ne publierais rien d'ici à la fin de rannée scolaire de 1840-1841; j'ai donné ma parole par écrit signé de moi. A peine mon second Mémoire sera-t-il prét pour ce tem.ps -là. D'ail- leurs,. si l'Académie me trai tait avec fureur, je serais par là méme dé_liéde mon serment .. Parmi les académiciens, ceux qui avaient été mes plus dévoués m'ont tourné le dos; d'autres, qui ne me connaissaient pas, me sont favorables. Le préfet du département est du nombre de ces derniers. En général, les dévots, les avocats et les littérateurs purs m'en veulent; _lescommerçants, banquiers, usuriers, gens de négoce et de commerce, m'applaudissent; l'aurais-tu deviné? Déjà, au temps de Jésus-Christ, les publicains se trouvaient plus près du royaume de Dieu que les ~l pharisiens et les docteurs. Notre congrès scientifique durera huit jours; on ne· m'a pas fait ì'honneur de m'y inviter. J'aurais voulu y lire un compte rendu de tes thèses ; inais que ton amour-propre ne regrette pas trop cette occasion de parler de toi. .Encore une fois, mes Mémoires sur la Propriété ne sont rien à mes yeux ; je songe surtout à une psychologie, à une logique et à une métaphysique nouvelles. C'est là que je te placerai comme il convient, Biblioteca Gino Bianco , I
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