Correspondance de P. J. Proudhon - Vol. 1 - 1875

I 236 CORRESPONDANCE jusqu'à ce que la clameur publique les y oblige. Armand Marrast partage, dit-on, mes idées; mais il ne les pré- conisera pas dans le National, de peur d'effaroucher ses lecteurs. Que l'entreprise du libraire Prevost arrive à bonne fin, et le second Mémoire auquel je vais travailler mettra le comble à mes efforts; la Propriété, att~quée de toutes parts, poursuivie, sera obligée de faire voir ses raisons , et l'on verra un beau tapage.· Tu sens, d'après cela: mon cher ami, combien quel- ques observations plus détaillées de ta part me seraient précieuses ; tes réflexions sur 1non cinquième cnapitre sont justes ; ce chapitre exigerait à lui seul un volume-, et je n'en ai fait qu'un sommaire. Il y a des morceaux que je conserverai dans leur entier; d'autres ont be- soin d'étre refondus; la seule question est de savoir comment je pourrais raccommoder tout cela pour une seconde édition, sans aller trop au delà des bornes de la première. Le professeur de philosophie de Besançon pense comme toi que ce chapitre cinquième devrait ètre au commencement; cependant, il faut bien faire alten- tion que mon ouvrage n'est point 11ntraité de philoso- phie sociale, mais seulement un examen de la Propriété. Il suit de là que le chapitre cinquième arrive à la suite des autres pour répondre à cette question : La Jn~op?'iété étant impossible et injuste, co1n1nent et pourquoi existe- . t-elle? Voilà le lien de transition qui unit cette disser- tation toute psychologique au reste de l'ouvrage. Du reste, à part cette considération, je donne les mains à tes critiques; mais je pense que toi seul les pouvais faire. Elles me prouvent une chose à laquelle tu n'as pas pensé : c'est que tu sais mieux ma pro_pre philosophie que je ne la sais moi-mém.e. Oui, les idées , Biblioteca Gino Bianco

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