Correspondance de P. J. Proudhon - Vol. 1 - 1875

I I DE P.-J. PROUDHON. 231 le contraire de ce qu'il me disait à moi-méme ... Je , vous avot1eque j'ai trouvé cela très-peu philosophique; car je pensais que la crainte, le respect humain ou l'intérèt sont des passions tout à fait élrangères au philosophe. Or, le philosophe dont je vous parle, homme d'esprit au demeurant , est la plus forte téte de l'Académie bisontine. Aò uno disceomnes. Tout ceci entre nous. Le Franc-Comtois s'imprime chez M. Deis : je n'ai reçu ni prospectus, ni avis du journal, ni. .. , etc. Cette publication périodique est destinée, dans l 'intention du fondateur, à e:cciteretà àévelopperl'espritpatriotiqueen Francke-Comté, ce qui est très-beau assurément; mais voici comment l'on entend cette excitation patriotique : le journal ne traitera jamais aucune question de poli- tigue générale, ni de religion; notez ces deux points : il ne s'occupera que de sujets d'intéret local et des innom- òraòlesòesoinsmatériels, intellectuelset mora·u::dce notre òelleet ckèreprovince. Ceci est ou absurde ou contra- dictoire. Je n'insiste pas avec vous sur la démonstra- tion. Tout ce qui est d'intelligence, de morale et d'intérèt, est de religion et de politique générale. Cela se conçoit d'emblée. En un mot, le Franc-Corntois a pour objet de réduire l'intelligence, le crnur et l'imagination des Francs- Comtois aux proportions du moi provincia!, ce qui, au point où la civilisation est parvenue, est un pas rétro- grade et une prétention monstrueuse. Le Franc-Comtois est essentiellement l'organe de l'Académie ; son premier numéro contient un article . de M. Perron, un autre de M. Pérennès, etc. C'est une faute .•. Une Académie littéraire et morale doit éviter, selon moi, d'entrer dans le journalisme et de se livrer Biblioteca Gino Bianco

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