Correspondance de P. J. Proudhon - Vol. 1 - 1875

f I .,. ... , DE P.-J. PROUDHON. l'reuvre dont on rend compte; c'est là, Messieurs, ce qui explique le silence que j 'ai gardé envers vous, et sur l'ouvrage, et sur radresse qui le précède. Quant au livre en lui-mème, je ne soutiendrai pas ici la cause que j'ai embrassée; je n'ai nulle envie de me poser devant vous en .adversaire, non plus qu'en accusé; ma conviction, que dis-je? la certitude 01-1 je suis des vérités que j 'ai développées est invincihle, et je respecte trop votre opinion, Messieurs, pour la com- battre jamais directe1nent. Mais, sij'avance des para- doxes inou'.is sur la Propriété, cette base de notre état politique actuel, s'ensuit-il que je sois un révolution- naire implacable, un conspirateur secret, un ennemi de la société? Non, Messieurs; en admettant sans réserve 1nes doctrines, tout ce que l'on en pourrait conclure et tout ce que j'en conclus moi-mème, c'est qu'il existe un droit naturel, inaliénable, de possession eLde travail, à la jouissance duquel le prolétaire doit ètre préparé, ' · tout comme le noir des colonies, avant de recevoir la liberté dont personne aujourd'h11i ne conteste le droi.t, doit etre préparé à la liberté. Cette éducation du pro- létaire est la mission aujourd'hui confiée à tous les hommes .puissants par l'intelligence et la fortune, sous peine cl'ètre écrasés tot ou tard par une inondation de ces barhares auxquels nous sommes convenus de donner le nom de prolétai1·es. Répondrai-je à une autre espèce d'accusation? On a vu dans ma conduite avec mon tuteur académique, auquel je n'ai jamais fait aucune communication, une sorte d'ingratitude. . Ma co,nduite à l'égard de M. Droz m'a été dictée par un sentiment de-convenance; pouvais-je entrer avec ce vénérable écrivain dans des conférences sur la morale • Biblioteca Gino Bianco - .,,. /

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==