Correspondance de P. J. Proudhon - Vol. 1 - 1875
I DE P.-J. PROUDHON. 225 morceau de pain à gagner à Besançon, et comme mes .dernières ressources sont épuisées, il faudra que je retourne à Paris ou en Suisse pour m'y faire correcteur ou compositeur. Crois-tu que Strasbourg offre quelque ressource à un typographe exilé de son pays, pour avoir dit trop vrai? Toutes les carrières me sont désormais fermées; on croirait se compromettre en me protégeant; il y a meme ici des gens qui lisent mon livre en secret et ne veulent pas qu'on le sache. J'aurai bientot peut-etre à te dire pis que tout cela; en attendant, je désire que tu m'écrives, quand meme tu ne pourrais rien pour les 100 francs que je te demande, et que je trouverai ailleurs. C>estune préfé- rence dont tu te passerai~ hien, mais que ma condition de patron imprimeur m'a forcé de te réserver. J'ose croire que tu auras reconnu dans mon ouvrage la méme philosophie que tu as mise dans ta thèse latine; mais t'aurais-je mécontenté en mettant ton nom ' dans une note? J'avoue que, sij'avais écouté mon cCEur, je t'aurais appelé mon ami, et qu'il m'a été pénible de ne parler de toi que comme d'un étranger. Du reste, cette citation n'est pas le moins du monde compro- mettante pour toi; l'Académie de Besançon, qui sous ce rapport aurait bien plus à se plaindre, n 'a fait que rire de ma prétention de l'associer à mes idées. Ce qu'elle me reproche n'est pas de l'avoir voulu rendre , complice, mai~ bien d'attaquer la propriété et l'Eglise. , ' Ecris-moi, je t'en prie, ne fùt-ce que pour me dire qu'il ne te convient plus que nos relations continuent . ._ Mais il me semble que je viens de prononcer un blas- phème, et je t'en demande pardon. Je t'embrasse; tout à toi, CORRESP. I. Biblioteca Gino Bianco P.-J. PROUDHON. 1a , I
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==