Correspondance de P. J. Proudhon - Vol. 1 - 1875
• CORRESPONDANCE 230 exemplaires dont je m'étais chargé, 73 restent eneore à placer. Ainsi, mon cher Bergmann, si les dispositions de ton esprit et l'état de ta bourse _étaient encore les memes qu'il y a six mois, je te serais obligé de me faire tenir une centaine de francs, que je te rembourserais au plus tard dans les premiers jours d'octobre prochain, après l'écoulement de ce qui me reste d'exemplaires et le solde de ma pension. Je ne te parle pas encore des 85 francs du mois de mai passé : je ne serai pas de sitòt à meme de te les rendre; je te les ai demandés pour vivre; je te de1nande ces 100 francs pour une opération de commerce : par conséquent, je dois t'en rembourser de la méme manière. L'effet de mon livre sur l'Académie a été terrible pour moi : on a crié au scandale, à l'ingratitude ; le père Droz, qui se troµvait à. Besançon dans le temps de la réception de l'ouvrage, a fait une larmoyantehomélie qui a indigné tout le monde. Je suis un ogre, un loup, un serpent; tous mes amis et bienfaiteurs s'éloignent de moi et m'abandonnent à mon sens réprouvé. Désor- mais tout est fini; j'ai rompu mes liens; je _suissans espérance. On voudrait presque m'obliger à une espèce · de rétractation; on ne me lit pas, on me condamne. Jamais je n'ai vu tant d'animosité contre un auteur, et jamais en méme temps tant de bétise académique; les choses qu'on me reproche le plus feraient rire si elles ne prouvaient l'égo1sme et l'amour-propre des proprié- taires attaqués dans leur fort. Je vais fermer bientot mon atelier d'imprimerie, qui ne sert qu'à m'endetter de plus en plus, et que mes derniers clients fuiront bientòt, à la suite du clergé et des cagots de l'Académie. Désorroi?~ je n'ai pas un Biblioteca Gino Bianco
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