Correspondance de P. J. Proudhon - Vol. 1 - 1875

I DEP.-J. PROUDHON. 221 . .. Paris, 2 Juillet {810. A M. ACKERMANN Mon cher Acker1nann, je pars dans quatre ou cinq jours, pour rentrer dans mon iinprimerie et aviser au _ moyen de vivre et de philosopher encore, car je n'ai pas fini. Mon traité de la Propriété n'est, comme bien vous pensez, qu'un prélude. Je vous suppose assez d'intelligence pour comprendre les raisons de ma re- traite : un pareil livre ne méritera jamais à son auteur les récompenses secrètes du ministère, les éloges des Académies et le ~uffrage des partis. J'ai cherché la vé- rité pour la dire, quelle qu'elle fut, et il est arrìvé que je n'ai eu que cles choses déplaisantes à formuler. J'ai écrit à Bergmann que j'attendais de lui des consolations bien plus que des compliments; je vous en dirais au- tant, si vous ne m'aviez pas mis absolument de còté. Voir et savoir est la vie· des étres pensants; mais que cette vie est durel Depuis le jour où J .-J. Rousseau écrivit la profession de foi du Vicairesavoyard, aucun homme peut-etre n'a eu ~1neconscience plus forte de la vérité de ses écrits, aucun n'a été livré à une tris- tesse plus profonde qu'est la mienne. Paris est le mème qu'à votre rlépart: béte, immonde, , Biblioteca Grno Bianco ,

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