Correspondance de P. J. Proudhon - Vol. 1 - 1875

DEP.-J..PROUDHON. à sentir que· je· pourrais étre quelque chose comme écrivain. Désormais. je travaillerai plus lentement et me déferai de la sotte présomption de croire que mes idées ne peuvent étre retardées dans leur puhlication par des soins de forme et d'exposition 1 sans que la vé- rité et le bie11 puhlic soient compromis. · Maguet se livre avec ardeur aux études de son état : je lui trouve ·un esprit à la f ois simple et sage, et pré- férable cent fois au brillant des hommes à imagination et à systèmes. _Peu de gens t'aiment et t'estiment au- tant que Maguet; il m'est agréable de te le dire, mon cher Bergmann, parce que je t'aime et t'admire plus que personne, et que,. devant vivre assez rapproché de Maguet, je ne pouvais guère m'entretenir de toi qu'avec lui. Elmérick commence à obtenir quelques succès dans son art età faire de jol_ieschoses. S'il peut prendre un . peu de consistance, devenir homme, étudier, lire, mé- diter et faire de la peinture avec autant de sérieux que d'autres y mettent de légèreté, il pourra devenir un artiste distingué. Déjà il vise au simple, au naturel, et il cherche à mettre de l'ame dans ses compositions. Ce n'est pas le défaut de ses confrères : jamais peut-étre on ne vit un tel matérialisme dans les arts. Je m'aperçois que je cède au plaisir de la conversa- tion et que je fais dans une lettre un peu de commé- rage. Écris-moi, je t'en prie : j'en ai besoin; donne- moi des conseils, nul ne le peut mieux que toi, et de personne je ne les recevrai plus volontiers. J'ose es- pérer que mon travail te suggérera plusieurs idées dont il sera bon que je profite. S'il te fallait quelques exemplaires de l?lus, je te les expédierais de Besançon. • • Biblioteca Gino Bianco

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