Correspondance de P. J. Proudhon - Vol. 1 - 1875

DE P~-1. PROUDilON. Paris, 29 mai f 840~ A M. J.-B. PROUDHON Mon. cher cousin, votre dernière lettre m'a causé un extréme plaisir, malgré les .fines railleries que vous m'y jetez à pleines mains; je sais supporter à merveille ù plaisanterie, je ne crains que la colère des personnes. Moquez-vous de moi tant que vous voudrez, pourvu que,Ies reproches n'en soient.pas, cela ne me fera point de mal. J e ne suis ni saint-simonien, ni fouriériste, ni babou- viste, ni d'aucune entreprise ou congrégation réformiste. J e crois seulement qu'en fait d'économie, de politique et mème de morale,.comme en chimie et en astronomie, le dernier venu est toujours celui qui en sait le plus. Les plus grands esprits ne sont donc pas nécessaire- ment les plus savants, et tel qui, né de notre temps, eut étonné les Aristate et les Cicéron, s 'il eut été leur contemporain, serait mort dans l'obscurité. Nous ne valons pas par ce que l'on nous apprend, nous valons par ce que nous faisons. Or, mon cousin, dussiez-vous en rire encore, avec ce que je sais, et qui n'est pas grand'chose, je compte faire un pas de plus que mes devanciers; c'est fier, j'en conviens, mais cela sera, ou Biblioteca Gino Bianco

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==