Correspondance de P. J. Proudhon - Vol. 1 - 1875

DE P.--J.. PROUDHON. 213 prumier nommé Rodon, ou Prudont, ou Broudon, eLc. Le déférer au parquet? Ah I parbleu l je les attends là. Tout serait perdu, vois-tu, si l'on me faisait un procès. • Mais qiti peut sonàer,g1·andJJieu ! ta puissanceinftnie? Peut-étre que la lumière, contre mon espoir, se com- muniquera peu à peu, et que nous n'irons pas loin sans en ressentir les résultats. Maguet m'assure le placement de 25 à 30 exemplaires, parmi des étudiants; un de mes compatriotes a déjà une liste d'une cinquantaine; Dessirier compte sur 15 à 20; j'ai imposé tous mes amis, qui, malheureusement, ne brulent pas tous du feu sacré; l'Académie de Besançon, compromise par ma dédicace, sera forcée de par ler ; quelques annonces faites dans les journaux éveilleront la curiosité; et qui sait? Que les journaux viennent à s'occuper du livre, et l'affaire est baclée. Tu dois rire en me voyant cette extraordinaire con- fiance; c'est, mon ami, que j_ene connais rien dans les sciences, dont la découverte ait jamais produit un effe1 pareil à celui que la lecture de mon ouvrage est capable de produire. J e ne dis pas : qu'il soit compris ; je dis seulement: qu'il soit lu, et c'est fait de la vieille soeiété. Il ne se peut rien de plus clair, de plus simple, de plus démonstratif, de mieux enchainé que les cinq chapitres · dont se compose mon premier Mémoire, car j'ai résolu de partager mes publications , et cela tien t autant à la méthode qu'à l'arithmétique dont j 'ai fait usage. J'ai honte de me donner tant d'éloges; n1ais un ami les pardonne. D'ailleurs, pour tout dire, la vérité une fois connue, comprise et pratiquée, mon livre devient à jamais inutile, et mème trivia! et sot. C'es·: le sentiment qu'il me 'rait éprouver à moi-meme : je songe que ce n'est point là réellement de la science, Biblioteca Gino Bianco

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