Correspondance de P. J. Proudhon - Vol. 1 - 1875
\ 1:! CORRESPONDANCE vainement dépensés. Ma consolation est grande, j 'en, conviens ; le suffrage de quelques hommes de coour et d'intelligence, tels que toi, suffit pour me dédommager de tout. Mais n'est-il pas pénible de voir le malade reruser le remède, l'aveugle se refuser à !'oculiste, et l'art ainsi que la vérité devenir inutiles? Laissons cela. Mon ouvrage est fini et j'avoue que j'en suis content. J·e ne puis y penser sans un frémis- sement de terreur. Quand je songe à l'effet qu'il pro- duirait infailliblement, publié par un Arago, j 'éprouve les memes palpitations qu'un Fieschi à la veille de faire partir une machine infernale. Jusqu'au moment où j'entrepris de connaitre à fond la pierre angulaire de la politique, je n'en avais réellement aucune idée; j'étais à cet égard dans les memes ténè~res oi.1sont plongés tous mes semblables, depuis le chiffonnier jusqu'aux Merlin et aux Portalis. Depuis plusieurs années, des doutes, des lueurs incertaines, de fugitives clartés agi- taient mon osprit; je me suis mis à l'éLude et j' ai vu mes efforts couronnés de succès. La vérité se montre à qui la cherche, mais il faut savoir la chercher. Elle exige des efforts, des soins, de l'opiniatreté, de la bonne foi et une gran~e défiance de notre raison. Combien de fois j 'ai du me corriger moi-meme I Grace au ciel, je crois désormais que, hors le style et quelques points relatifs à l'érudition, aucune proposition avancée par n1oi ne peut etre reprise. Nous avons un principe pour la science sociale: reste à la faire maintenant. Encore une fois, mon livre passera inaperçu ; on le signalera peut-etre au fond de quelque diatribe dynas- tique, comme un exemple de la rage impuissante des partis et de la liòerté dont le pouvoir nous laisse jouir, mais le lire I Non, jamais. - Quel est l'auteur? Un im- s•iblioteca Gino Bianco
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