Correspondance de P. J. Proudhon - Vol. 1 - 1875

I CORRESPONDANCE Paris, 3 mai 18-10. A M. BERGMANN 1Vi0n cher .B. ergmann, je ne puis rri'empécher d'étre touché jusqu'au fond de l'ame des témoignages si vifs de ton amitié; j'y retrouve toute la chaleur, toute l'ef- fusion de Fallot qui savait comme toi étre et se mon- trer ami. J e ne suis pas heureux sans doute ; mais pas un riche, pas un de ces heureux, du siècle n'aura été aussi bien partagé que je le stùs du còté de l'amitié : j'ai pleùré déjà de vrais amis frappés par la mort, j'en conserve de plus nombreux et, s'il est possible, de plus dévoués. Quelqu-lun s'est chargé de m'apprendre que je déplais généralement dans ma patrie : cela m'af.flige, mais ne me surprend pas. Dans une ville d'argent et d'orgueil, j.e me flatte de ne pouvoir étre connu et de rester indifférent; il faut m'aimer ou me hair. , J'accepterai av.ec plaisir ton billet de 85 francs·; le moment est venu où j'en puis avoir besoin. Je touche a:près-demain ma pension (750 francs échus au 22mars)· j'expédie sur-le-champ 500 francs à Besançon, et je dois déjà 70 francs sur la place de Paris: reste 180 francs. Comme j:eme propose de partir dans six semaines, e ... Biblioteca Gino Bianco

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