Correspondance de P. J. Proudhon - Vol. 1 - 1875
• ·coRRESPONDA.NCE savez que l'occasion doit etre saisie au hon moment, parca qu'elle est irréparable: voilà ce q•uime tracasse. Je vous sais gré d'avoir terminé promptement l'àffaire avec Vieux, non que j 'y trouve plus de profit que vous, mais c'est qu'en vérité le bon sens vous disait que vous ne pouviez faire autrement. Ce garçon-là est trop artiste pour convenir dans les affaires : il lui faudrait repos, chasse, promenade, musique, belle natur.e et jolie femme. Il s'impatientait de voir que je n'étais pas un esprit prodigue, un intrigant exploitant mon titre de pensionnaire par des flagorneries à tout venant : cela ne pouvait me convenir. Je n'aime pas ·plus les glorieux qui voudraient devenir riches sans. travail, que les lit- térateurs qui veulent étre éloquents et profonds sans ·études. Vieux et sa famille étaient fatigués de l'impri- merie et de moi, •avant d'avoir rien entrepris : je vou- drais pouvoir prospérer maintenant, uniquement pour leur causer du regret. Beaucoup de gens sont surpris que je ne sois pa'3 encore coulé à f ond, bien que j 'aie déjà duré plus longtemps que la société L*** el Ce, tant on est accoutumé à ne vouloir· qu_e des entreprises toutes roulantes, et toutes de profit. Peut-ètre qu'après m'avoir beaucoup plaint, beaucoup ·blàmé, on finira par me louer outre mesure de ma persévérance. J'espère, mon cher ex-associé, que vous ne serez jamais , du nombre de ces sots. Ecraser l 'infortune et applaudir au succès n'est pas, je le sais, votre philosophie. Huguenet vous soldera pour moi fin courant les in- térets dont vous lui remettrez la note; j.'ai déjà un mois d'appointements échus, mais je ne sais s'il faudra que j' aille tendre la demi-aune. ça m'ennuierait. J'achève en ce moment de transcrire mon Apologia; c'est un nouvel écrit qui fait suite à la Pro'priété. ·Un Biblioteca Gino Bianco
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