Correspondance de P. J. Proudhon - Vol. 1 - 1875
U>6 CORRESPONDANCE pas; les autres ]a désirent mais n'y croient pas davan- tage. La chose me pa~aitrait désespérée et funeste. Au .reste, elle n'est pas encore possihle par la -raison très- grande que notre dissolution n'est pas achevée. On n'aime pas encore la Répuhlique, et on tient encore par un lamheau de chair vive à la royauté. Les_angoisses des riches hourgeois sont vraiment risihles. 11s invo- quent tour à tour la royauté qu'ils voudraient museler, la religion dont ils prétendent hien se passer, les sys- tèn1es d'économie qu'ils n'ont pas la force de com- prendre ni le courage d'essayer; ils font appel au désintéressement du fond de leur égo:isme; ils recon- naissent et proclament la nécessité d'une· réforme morale, mais ils ne veulent quitter ni leurs plaisirs ni - leurs priviléges. Ces gens-là sont les plus odieux dc tous, et je remercie Dieu (je suis le seul all monde qui lui rende de pareilles actions de graces) de les rendre si n1alheureux et tout à la fois si peu dignes de pitié. Cer- tainement, je pense comme eux que tout est pour le plus mal dans le monde actuel, à commencer par eux, et à finir encore par eux. Au reste, j 'aurai · hientòt j 'cspère, quelque chose dc plus explicite à vous dire sur tout cela. Il serait possible que d'ici à quatre ou cinq mois, je publiassc un travail assez considérahle que je me pro- pose de dédier à l'Académie de Besançon. Pensez-vous, Monsieur le Secrétaire perpétuel, .que jc puisse le faire sans autre demande préalable que l'avertissement que je vous cn donne ici? ~Ion sujet consiste en des recher- chos psychologiques sur le principe du juste et sur ses développements progre~sifs dans l'humanité. Si vous désirez de plus amples explications, je vous dirai que je donnerai dans cet écrit la clémonstration par la méta'... • Biblioteca Gino Bianco
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==