Correspondance de P. J. Proudhon - Vol. 1 - 1875
DE P .-J. PROUDHON. • f05 ce qu'une royauté à qui on compte ses revenus, frane par frane, centime par centime? La monarchie sous Louis XIV avait de grandes principautés, d,immenses apanages qui ne se démembraient de la eouronne que temporairement et pouvaient toujours y retourner. La révolution. (le 1789 a détruit tout cela; et, au lieu de vastes domaines, nous payons au roi une liste civile; donc au lieu d'apanager les princes, nous leur payons des pensions. Car qui veut le roi, veut une famille royale, veut une cour, veut des princes du sang, veut tout ce qui s'ensuit. Le Journal desJJébats dit vrai : les bourgeois conservateurs et dynastiques démembrent et démolissent la royauté dont ils sont envieux comme des crapauds. Si la royauté est chose indispensable, il la faut vouloir avec ses conséquences; si le roi est un fonctionnaire public, pourquoi le fait-on inviolable? pourquoi sa dignité est-elle héréditaire? pourquoi son effigie sur les monnaies? pourquoi n'est-il pas respon- sable? Il résulte de tout cela, pour moi, deux faits qui me semblent hors de doute : 1 ° que la royauté est désormais une chose impossible; 2°que si nous ne pou- vons vivre sans elle, nous périrons. Et je crois que le terme est plus près qu'on ne s·\magine : Ecce fi,11/rtt omnianova. On a supputé les revenus du roi; ils m'ont paru mesquins auprès de ce qu'on voyait sous Louis XIV•.. La Grande Mademoiselle faisait, par contrat de mariage, donation au due ne Lauzun de plus de 28 millions, ce qui en ferait bien 60 d'aujourd'hui. Le due de Nemours, avec ses 500,000 francs, n'approcherait pas de cela. Il court tol1jours quelques bruits, à travers l'atmo- sphère parisienne, d'une tentative républicaine pour le printemps prochain. Les uns la craignent et n'y croient · Biblioteca Gino Bianco
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