Correspondance de P. J. Proudhon - Vol. 1 - 1875
194 CORRESPONDANCE autant lorsqu'on a élu Nodier, Chateaubriand, etc.? - M. Droz prétend encore que les académies sont dans l'origine des corporations libres; par conséquent ·que pour y entrer il faut avant tout convenir aux memhres, et que le public à cet égard a des notions très-fausses. Je me range encore ici du coté du public. Les acadé- mies ne sont plus cela; elles sont et doivent étre regar- dées comme quelque chose de plus élevé. La Conven- tion, en décrétant la forma tion de l'Institut, en assi- gnant des appointements aux membres, voulait certai- netnent créer un corps d'élite,. entretenu dans l'intérèt national, et selon le degré de mérite dans chaque spé- cialité; elle n 'entendait pas protéger et salarier des associations libres pour le hon plaisir de leurs mem- bres. Dans ma précédente lettre, jevous disais que M. Droz repoussait Berryer, parce qu'il ne voulait pas que l'Académie fut transformée en corps politique, en suc- cursale de la Chambre des députés. Pourquoi donc jeudi dernier a-t.:...ilcru devoir nonimer M. Molé? Est-ce que M. Molé a plus de titres à l'Académie que M. Ber- ryer? ... J e me suis permis de conclure de tout ce que je viens de voir que tel homme peut etre incorruptible à l'égard des solliciteurs, qui est séduit à son insu par son jugement et ses sympathies. Le mème jour de l'exclusion deV. Hugo, a été marqué par le rejet de la dotation Ner11ours. La famille Droz s'est fort récriée en apprenant que les ministres avaient donné leur démission, appelant cette démarche une ò~tise. Pourquoi faire de cette dotation une question de cabinet? disait-on. Pour moi, il me semble que dans toute cette affaire, le Journal desJJéòats et les ministres sont les seuls qui raisonnent conséquemment. Qu'est- Biblioteca Gino Bianco
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