Correspondance de P. J. Proudhon - Vol. 1 - 1875

DE P.-J. PROUDHON. 193 et barbares; aujourd'hui un journal, écrit en style ·du Père Duchene, par b ... f ... , et j 'ons ou j 'avions, ne pren- drait plus. C'est un progrès, quoi qu'on dise; or, il n'est pas bon que les chefs de bataille affectent trop souvent de paraitre au dernier rang, si ce n'est pour fustiger les trainards. Il me semble que le vrai talent de M. Viancin s'est tout à fait décelé depuis quelques années; ce talent est la satire légère, enjouée, chantée. Quoique l'imitation de la nature me plaise, cependant j'éprouve, en lisant une pièce comme la chanson sur le magnétisme, un sentiment de honte et de malaise, comme quand je regarde un bossu, un nain ou un crétin. Il ne faut pas jouer avec les laideurs dé notre nature. Ce n'est pas l'opinion de V. Hugo; mais V. Hugo, avec tout son talent poétique, dont je con- viens, se trompe, selon moi, sur l'essence et le but de la poésie. J e crois que tel est aussi votre sentiment, 1non cher professeur 1 car mes idées datent déjà de votre école. Vous connaissez le résultat du vote de l'Académie française de jeudi dernier : toute la presse s 'en est ébranlée. C'est un hourra contre les académiciens. J e vous avais autrefois parlé des sentiments de M. Droz sur les élections en général : il a voté pour M. Flou- rens. Son aversion pour V. Hugo est invincible. Mais quoique je sois loin de regarder V. Hugo comme un grand poete, cette aversion me parait injuste. La famille Droz et Michelot, car c'est tout un, hommes et femmes, s'insurge contre l'auteur du Roi s'amuse, prin- cipalement parce qu'il a des mreurs légères. J'avoue que c'est plutòt ce motif d'élimination qui me semble léger. S'il s'agissait de faire un chef d'institution, à la bo11111e h ure; mais pourquoi n'en a-t-op. pas dit CORRESP. J. 13 Biblioteca Gino Bianco

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