Correspondance de P. J. Proudhon - Vol. 1 - 1875
' 191, CORRESPONDANCE • Pa·ris, 23 r évrier f 8.W. A M. LE SECRÉTAIRE PERPÉTUEL DE L'ACADÉMIE DE BESANçON Mon cher maitre, j,ai appris par un numéro du Pto- grès, que je lis quelquefois, que vous aviez tenu co11r plénière à rAcadémie. Dans cet article, vous n'ètes pas, vous, personnellement maltraité, au contraire; mais, quoique je ne doute pas le n1oins du monde que vous n'ayez, selon votre habitude, fort bien fait et fort bicn dit, je vous avoue que je ne puis vous féliciter de l'exception. Comment pourriez-vous vous tenir honoré des éloges d,un vrai Mascarille de journal? En vérité, mon cher maitre, je crains fort, quand je serai de re- tour à Besançon, de ne pouvoir m'entendre avec les gens. Quelle langue parle-t-on là où vous etes? Ce , n'est pas du français, ce n'est pas du patois, ce n'est pas encore de l'argot ; je 111'y perds, plus j'y pense. Moi qui ne croyais pas que l'homme put inventer son lan- gage, je me vois forcé de me rétracter. Ce qui me fait peine aussi, c,est que je voudrais M. Viancin un peu plus sobre de style canaille. Le peuple français mérite à cet égard qu'on l'encourage. En 93, on agitait la populace par des feuilles ordurièrcs B~ibliotecaGino Bianco
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==