Correspondance de P. J. Proudhon - Vol. 1 - 1875

I , t90. CORRESPONDANCE dans ton esprit, et où:te porte lé flot de la seienee '/ Si j 'avais des confidences à faire, elles seraient pour toi plus que pour tout autre ; si tu étais ici, je te lirais chaque . soir ce que j'ai fait dans le jour : vois un peu comme je voudrais etre avec toi. A.u feu de l'épréuve, mon àme s'épure, et je me détache de tout esprit de propriété scientifique et littéraire aussi bien qu'industrielle : savoir avec certitude, le dire avec force, clarté et pré- , cision, c'est le seul bien auquel j'aspire, la dernière gràce que je demande à Dieu, puisqu'il ~e refuse tous · les autres avantages. Dans six_mois, je serai de retour à Besançon, peut- etre meme avant, s~il faut que je m'imprime. Je re- · prendrai ma vie mi-partie de lecture et méditation et de travail manuel : je ne suis bien que comme cela. Et quand l'usure, cette lèpre des sociétés modernes, m 'aura rongé tout entier, alors il ne me restera plus, comme à tant d'autres, qu'à faire une culbute qui me délivrera à la f ois et de mon état et dé mon esclavage. J'ai reçu une lettre d'Ackermann, qui a du t'écrire. J'espère qu'il fera que-lque chose, mais je crains aussi pour son bonheur. Il approche de la trentaine, et j'ai cru reconnaitre dernièrem~ent en lui les qualités d'un amateur plutòt que celles d'un savant. Ce serait trop peu pour son ambition, car je ne lui suppose pas plus de savoir-faire et d'habileté qu 'à nous autres. V oici quel sera le titre de mon nouvel ouvrage, sur lequel je désire que tu me gardes le secret : Qu'est-ce que lapropriété? C'est le 'Vol, ou Pkéorie de l'égali~époli- tique, civileet industrielZe. J e le dédierai à l'Académie de Besançon. Ce ti tre est effrayant; mais il n 'y aura pas moyen de mordre sur moi ; je suis un démons- trate~r, j'expose des faits : on ne punit plus auj0ur- Biblioteca Gino Bianco

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==