Correspondance de P. J. Proudhon - Vol. 1 - 1875

' ,; I I J ' ' , 184 CORRESPONDANCE commerce florissant;: il fit un mariage d'amour, épousa 11ne Suissesse jeune, belle et sage, avec un millio11 de dot; mais au lieu de vivre en paix et de faire des enfants _à sa femme, il voulut doubler ce million, et le voilà. \rive la propriété ! , Il y a ell à Paris, dans le mois de janvier 1840, 70 faillites, dont _le passif se monte à 6 millions. Le nombre des faillites, pendant 1839, se monte à 1,014 pour la seule place de Paris, et le passif .en dépasse 60 millions. I-Ieureuse propriétéI Le peuple continue à mourir de fain1, ou à se faire cmprisonner pol1r vol et vagabondage. On va ac- corder 500,000 frttncs de cadeau de noces et autant dc rente annuelle au due de Nemours. Timon a glosé sur ce beau sujet; mais les députés Yoteront, le pcuple paiera et la Cour prendra. L'autre jour je fus chez ~1. Cuvier; quelqu'un s'avisu de dire que quiconque ne t1•a,vaille pas, devrait pe1·clre ses rentcs. - Je lui dis : Monsieur, oi.1 irions-nous avec ce principe? - Et que trouveriez-vous à re- prendre? me <lit M. Cuvier. - Moi, rien. Mais si l'on supprime les rentes aux rentiers oisifs, il faut Ics supprimer encorc aux rentiers qui travaillent; car, s 'ils sont payés pour leur travail, ils sont toujours oisifs par rapport à leurs rentes. - Ce fut un baille- 1nent universel; votre ami Bourette me regarda du coin de l'reil et la conversation finit là. On parle d'insurrection pour le.printemps prochain; les uns y croient, les autres non. Les carlistes conspi- rent et espèrent plus que jamais. Ils veulent se fairc anéantir. Beaucoup de gens diminuent leur domes·- tique, d'autres restent à la campagne; la peur com- 111ence à gagner, et dans la n1asse, l'opinion que le Biblioteca Gino Bianco

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