Correspondance de P. J. Proudhon - Vol. 1 - 1875

DE P.-J. PROUDHON. 183 qucls ma condition sera telle que je désirerais de vivt·e et 1 resteròerger. Je :~11iscomme un lion; si un homme avait le malheur de me nuire, je le plaindrais do lomber sous ma main. 'N'ayant point d'ennemis, je regarde quelquefois la Seine d'un reil sombre et je me clis : passons encore aujourd'hui. L'excès du cha- grin m'òte la vigueur de téte et paralyse mes facultés : je no puis travailler et pourtant je travaille toujours pour ne pas mourir d'ennui. Mon travail sur la propriété est con1mencé; je vous en enverrai le titre et le sommaire dans ma prochaine lettre. J'ai achevé aujourd'hui le premier chapitre qui forme la dixième part1e de l'ouvrage. Je compte l'imprin1er dans 'le courant de mai prochain, par sousc1~iption, n'espérant pas trouver de libraire et ne pouvant en faire la dépense. J'ai déjà une cinquantaine de souscripteurs. Deux volumes in-dix-huit . . Le style en sera rude et apre; l'ironie et la colère s'y feront trop sentir; c'est 1in mal irrémédiable. Quand le lion a faim, il rugit. Au reste, j 'évite le plus que je peux de tomber <lans l'éloquence et le beau style; je raisonne, je conclus, je distingue, je réfute : je n 'ai plus besoin des secours de la rhétorique, le sujet par lui-méme devant intéresser bon gré mal gré, les plus ladres. Sous le rapport philosophique, il n'existe rien de semblable à mon livre. Malheur à la propriété ! Malédiction I J'ai appris que M. Marquiset, de Besançon, venait de faire une faillite de 1,400,000 francs. Il a quitté le pays. C'était un imbécile, honnéte ho.mme au de- meurant, dont la déconfiture ne surprend personne. A trente ans, il avai t 100, O00 francs de patrimoine, un Biblioteca Gino Bianco I I'

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