Correspondance de P. J. Proudhon - Vol. 1 - 1875

" 180 ·CORRESPONDANCE tion et de-tatonnement resterait à jamais caché , parce que l'intuition et le tatonnement ne prouvent rien. En un mot, je ne mets dans tout cela rien du mien; je cherche, et pour mieux chercher, je me fais un ins- tru~ent, je me fabrique un guide, j'attache du fil à la porte du labyrinthe où je m'enfonce. Puis, je ne con- teste j_amais, je ne réfute personne, j 'admets toutes Ics opinions, et je me conLente de chercher ce qu'elles con- tiennent. Or, ce qu' elles contiennent nécessairement toutes, est pour moi un principe vrai, llll axiome, dont je cherche définitivement la raison dans un fait phy- siologique ou nature!, et duquel je pars ensuite avec la mème rigueur de déduction pour ma science, que j'en ai d'abord apporté dans mes inductions pour dé- terminer le principe. Je ne puis aujourd'hui t'en dire davantage. Réponds- moi si cet exposé suffit déjà à me faire entendre dc toi et présente-moi tes scrupules et tes difficultés. Songe qu'il s'agit ici de vérité rigoureusement dén1on-_ trée et non d'un roman d'imagination. Quant à la forme, bien que j e raisonne de toutes choses, absolument in aòst1·acto, le style et les dévelop- pements ne manqueront ni de verdeur, ni d'originalité, je l'espère. Tout cela, sur une 1natière brùlantc, doit faire un ouvrage singulier. J e t'emhrass~ de tout mon creur, n1on cher Bergmann, et suis ton ami , P.-J. PROUDHON. Biblioteca Gino Bianco

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