Correspondance de P. J. Proudhon - Vol. 1 - 1875

, .. {78· . CORRESPONDANCE quelque chose de plus solide. Comment un pareil ètre comprendrait .. il que je cherche pour les problèmes de la :qiorale, de la société, de la métaphysique, des mé- thodes de solution infaillibles, analogues al1x méthodes des géomètres? Comment croirait-il à cette vérité, pourtant hien simplP,, que les lois de l'arithmétique et de l'algèbre président aux mouvements des sociétés camme aux con1binaisons chimiques des atomes, que rien dans le monde moral, comme dans le monde méca- nique, ne se fait sineponde1"ee, t numero, et mensura? Comment irait-il concevoir que les propriétés des nom- òres sont le lien qui unit la philosophie pratique à la philosophie organique? Comment, enfin, voudrait-il admettre que la loi ne peut avoir sa source dans aucune volonté, ni du peuple, ni de ses représentants, ni du roi, mais bien dans la découverte et la reconnaissance de la vérité par la raison? Il n'admet pas mème que la vérité politique et morale puisse etre connue, e'est-à-dire qu'il conçoitqu'on puisse poserune question insoluble, toutes les données nécessaires à la solution étant accordées. Qui comprendra, aujourd'hui, un livre tout de méthode, où-l'on ne prétend pas donner d'emblée toutes les solu- tions désirables, mais où l'on parle avec certitude de choses encore aujourd'hui très-obscures, et jugées d'avance à jamais inexplicables? Tu admets, toi qui as saisi par ses ailes le génie des langues, que l'esprit humain puisse découvrir d'étranges choses, mais le vulgaire (et par vulgaire j 'entends tout ce qui est au niveau du savoir journalistique), le vulgaire croit-il qu'on puisse en savoir plus que lui? V oici qt1elle est la marche sommaire de mon travail : 8ujet de tout l'ouvrage; déterminer l'idée du juste, son · principe, son caractère et sa formule. Biblioteca Gino Bianco

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