Correspondance de P. J. Proudhon - Vol. 1 - 1875
' . .DE P.-J. PROUDHON. . . 177 tionne davantage? J' accepte avec reconnaissance l'offre de 50 francs que tu me fais pour la publication de mon livre; au cas où je ne trouverai p~s de lihraire, je frapperai sur tous mes amis et connaissances une con- tribution; je les prendrai dans un guet-apens, car. il faut que ce que j e sais, j e le dise. J e te remercie de la moitié de ton mois, je n'en ai pas besoin présen- tement, car il est inutile que j 'aie de l'avance. Si, vers la fin de juin, mes finances, alors épuisées, n'ont pl1 se renouveler par rien, alors je te promets de m'adresser à toi; jusque-là, garde je te prie, un argent dont je puis me passer. Je voudrais t'embrasser en te disant cela, pour te mieux. prouver qu'en différant de t'em~ prunter, je ne prends pas un détour pour exprimer mon refus. S'il est besoin d,e faire quelques courses et visites pour tes affaires, tout mauvais solliciteur que je suis, je te serais obligé de n'en pas charger d'autre; ainsi, llSe largement de mon loisir et de mes jambes. • J'aurai à la fin de mars un tiers de mon travail <l'achevé. J'espère que tu en seras content. Je suis un peu pressé d'en finir, ce qui ne s'accorde guère avec mon désir de faire bien ; mais il est bon toutefois que je me talonne n1oi-méme et que je me presse de l'ai- guillon. Depuis que je n'ai plus Fallot, je n'ai plus quc toiquipuisses mejuger,me comprendre, me conseiller, me redre~ser. Le peu d'expérience en philosophie de tout ce qui m.'entoure, me laisse sans conv~rsation et sans contròl~. Comment irais-je m'adresser à un J ouffroy qui n'a pas foi lui-méme à la science qu'il enseigne, qui dit, avec une impertinence indigne, que la pkilosopkieest ckosebien creuse, et qui apparemment trouve que ses 15 à 20,000 francs de traitements accumulés sont COftRESP. I. Biblioteca Gino Bianco
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