Correspondance de P. J. Proudhon - Vol. 1 - 1875

• -172 CORRESPONDANCE J e n a1 pas encore osé présenter mon discours à _ M. Droz, ni à M. Jouffroy; je n'attends que de la colère et de l'indignation de l'un; et de l'autre du mépris. Ma philosophie et ma p.olitique ne sauraient leur plaire. J'apprends de Besançon que le clergé a arrèté la vente cle ma brochure, qu'on y prépare des réfutations sé- vères de mes principes; qu'en général, si on ne me refuse -pas quelque talent, on me trouve beaucoup de paradoxes dans les idées. Les dévots sonnent l'alarme; et les soi-disant républicains se réjouissent d'un nou- veau champion. Personne ne veut me prendre comme j'ai voulu ètre pris. Les plus sages, mes amis mème, doutent, me font des recommandations, et désirent que je laisse la politique de coté. Faites-nous de la méta- physique et de la morale, me dit-on, et laissez la répu- blique, la monarchie et les prètres. On veut, comme tu. vois que je sois philosophe, sans qu'il me soit permis de parler de Dieu, de la société et de la religion. Que je fasse de la science à condition que je ne toucherui pas aux matériaux. - Pauthier a été très-content de mon travail, quelques autres encore; mais, du reste, nul ne sait que me dire. Les hommes du National se sont moqués du titre de l'ouvrage ainsi que de l'au- teur qu'ils ont presque pris pour un jésuite. Dessirier m'exhorte à laisser là mes idées de religion et de divi- nité, qui ne sont plus à l'ordre du jour; cet excellent Dessirier I Que veux-tu? J e suis hors dè toutes les conditions de succès, je ne plais à personne. Ma chance sera belle mais patience 1 Ma lettre est déjà trop longue pour que je puisse t'entretenir de mon nouveau travail; ce ne sera pas l'reuvre d'un jeune homme qui n'a qu'une demi-con- science de la nouveauté et de la certitude de ses idées. Biblioteca Gino Bianco

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