Correspondance de P. J. Proudhon - Vol. 1 - 1875

, I DE P.-J. PROUDHO~. 167 mer quelque chose de l'opposition violente qu'a mani- festée la famille Michelot lorsque je m'avisai de dire que je voterais pour Victor Hugo, non parce que je le jugeais absolument digne, mais parce que cela en écar- terait d'autres, je crois que le premier vote de M. Droz sera pour Casimir Bonjour. Son vceu, si ses conseils avaient été suivis, aurait été que l'on choisit dans l'Académie des sciences ou des inscrj ptions, parmi les Arago, les Letronne, les Burnouf, etc., un homme non- seulement littérateur, mais savant, afin, dit M. Droz, de montrer à la jeunesse que le òeaupa1"ler n'est plus jugé seul un titre suffisant pour prendre place à l'Aca- démie française, mais qu'il faut y joindre les études fortes, soit dans les langues, l'histoire, la n1orale, soit dans les sciences exactes. Cela m'a paru parfaitement sage; mais les sages h'ont pas raison aujourd'hui. Les hommes politiques, comme les Dupin et Thiers, dont les intérèts parlementaires trouvent leur compte à faire entrer un homme qu'ils se piquent de combattre à la Chambre, mais de ne l'avoir pas pour ennemi, et les légitirnistes, favorisent l'élection de Berryer. De plus, affirme M. Droz, il y a des gens qui voteront pour lui, uniquement parce que M. Berryer attirera la foule à la séance solennelle où il lira son discours de réception. Nodier est à la tète du parti Hugo. Les cabales, les ' sollicitations~ les séductions se croisent; cela fait une petite guerre qui divertit fort M. Droz. Pour lui, il est tellement connu pour son indépendance et l'ipflexibi- lité de sa justice, qu'on ne se donne pas mème la peine de lui parler. A peine si on lui fait la visite d'obliga- tion. Avoir mérité une pareille réputation c'est assu- rément un magnifique éloge et bien digne d'envie. Je vois peu de monde et ne suis guère au courant de BibliotecaGino Bianco ...

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