Correspondance de P. J. Proudhon - Vol. 1 - 1875

... ' 166 CORRESPONDANCE ,,,. mèmes fautes. J'ai reconnu, par mes nouvelles études, combien je suis loin de tous les philosophes, moralistes et jurisconsultes; je connais maintenant toute la valeur, toute la portée de .mes idées; j'en puis donner la défi.- nition exacte, précise ; je puis montrer la cause de toutes les incertitudes qui obscurcissent les sciences politiques et législatives, et sans pénétrer jusque dans les derniers détails, j 'ai de quoi compléter et remplacer des principes faux ou mal débrouillés. Si je ne suis pas dans la plus déplorable illusion, mon premier ouvrage sera peut-ètre l'événement le plus remarquable de 1840, y eut-il mème une révolution politique; car les changen1ents sociaux ne sont rien sans le mouv~- ment intellectuel. J eudi prochain, 19, aura lieu la nomination du nou- veau membre de l'Académie française. C'est la vingt- ~huitième élection à laquelle aura ·participé ·M. Droz. Les intrig1:1-es'ont incroyables; les académiciens accou- rent de tous les coins de la France; ils seront au com- plet. M. Droz prétend qu'il n'y eut jamais plus mau- yaise élection : se voir obligé de choisir entre Berryer, bon orateur, mais qui n'a rien écrit, et dont les discours dépouillés du prestige. de l'action n'ont rien de bien remarquable ; Victor Hugo, doué de talent, mais òri- sant la langue,òrisantla moraleet le gout; Casimir Bon- j our, classique pur, mais si pale, qu'il donne légitime- ment lieu aux romantiques d'attaquer- la littérature classique ... On ne sait à quoi se décider, dit M. Droz. J e crois qu'il a son parti pris; je suis certain qu'il ne votera pas pour Berryer qu 'il n' estime pas à cause de ses parjurespolitiques, et parce que, de plus, il ne veut pas que l 'Académie q.evienne une succursale de la Chamb~e des députés. D'un autre còté, si j'ose présu- ,. Biblioteca Gino Bianco

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